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BAROMÈTRE | Baromètre de l’attractivité des territoires 2026 - SCET x ANCORIS

Ressources Entreprises et Investisseurs ODD, Transition et Résilience
Illustration SCET ANCORIS - Baromètre attractivité territoires 2026

RÉSUMÉ

L'édition 2026 du baromètre SCET-Ancoris dresse un constat préoccupant : les projets d'implantation d'entreprises en France ont reculé de 18 % en 2025, tous secteurs confondus, atteignant leur niveau le plus bas depuis 2019 (1 305 projets détectés). Deux facteurs principaux expliquent ce ralentissement : la contrainte foncière, premier frein structurel cité par 60 % des investisseurs, et l'instabilité politique nationale, citée par 52 % d'entre eux.

Toutefois, les collectivités territoriales interrogées restent majoritairement optimistes (80 %). Sous pression budgétaire, elles recentrent leurs investissements sur les fondamentaux opérationnels - développement de l'offre foncière et immobilière - au détriment de l'événementiel et de la prospection exogène. Les filières jugées prioritaires reflètent une vision centrée sur la souveraineté : l'industrie domine, suivie par l'agroalimentaire, le tourisme, la santé et l'énergie. La Défense et le numérique/IA montent en puissance, portés notamment par la Loi de Programmation Militaire 2024-2030.

En définitive, ce rapport confirme que la réindustrialisation se joue désormais à l'échelon local, là où se nouent concrètement les solutions foncières, financières et humaines — à condition que l'État crée un cadre stable et lisible pour les investisseurs. Les collectivités souhaitent à la fois une simplification réglementaire (80 %) et une décentralisation accrue (51 %). 

Mots-clés : attractivité territoriale, décarbonation, décentralisation, Défense, filières stratégiques, foncier économique, formation professionnelle, intelligence artificielle, IA, ingénierie territoriale, instabilité politique, pression budgétaire, projets d'implantation, réindustrialisation, Responsabilité Sociale et Environnementale, RSE, simplification réglementaire, souveraineté industrielle. 

Illustration : © SCET - Ancoris

Méthodologie et extraits du Baromètre 2026

Ce baromètre, publié conjointement par SCET (filiale de la Caisse des Dépôts) et Ancoris, constitue la troisième édition d'un observatoire annuel croisant deux sources complémentaires : d'un côté, les données de détection de projets d'implantation issues de plus de 9 000 entretiens téléphoniques conduits par Ancoris auprès de dirigeants d'entreprises françaises et internationales ; de l'autre, une enquête qualitative menée auprès de 156 décideurs territoriaux (collectivités, agences de développement, opérateurs publics) entre octobre et décembre 2025. Cette double entrée — offre territoriale et demande entrepreneuriale — confère au document une profondeur analytique rare dans ce type d'exercice. Le titre retenu, « Aller de l'avant, malgré tout », traduit une tension centrale qui parcourt l'ensemble du rapport : un ralentissement de l'investissement coexistant avec un optimisme des acteurs territoriaux, deux dynamiques dont l'articulation révèle les fragilités structurelles de l'attractivité économique française.

La section centrale du rapport articule les attentes croisées des entreprises et des territoires autour de trois dimensions fondamentales :

  • La création d'emplois reste le premier critère de sélection des projets, cité par 60 % des collectivités. Mais de plus en plus de territoires cherchent à attirer des emplois qualifiés à forte valeur ajoutée, capables de fidéliser les talents et de renforcer l'attractivité résidentielle. Cette évolution vers une logique de qualité plutôt que de volume est cohérente avec la transformation structurelle du tissu économique local.
  • La recomposition vers les « petits » projets mérite une attention particulière. La part des projets générant moins de 5 emplois a progressé de 27 % en 2023 à 41 % en 2025. Si cette tendance reflète des stratégies d'investissement plus prudentes dans un environnement incertain, elle pose aussi la question de la capacité des territoires à maintenir une dynamique d'implantation créatrice d'emplois durables avec des projets unitairement modestes.
  • La dimension immobilière confirme la préférence des entreprises pour la location (50 % des projets) et les locaux existants (63 %), tandis que la demande de terrains progresse (25 %). Ce signal est paradoxal : les entreprises souhaitent des solutions clés en main (flexibilité, rapidité), mais la pénurie de l'offre existante les pousse vers des projets sur mesure qui impliquent précisément les délais qu'elles cherchent à éviter.

L'intégration de la RSE dans les projets progresse (33 % en 2025 après un recul à 23 % en 2024), mais reste minoritaire et dominée par la dimension environnementale. Les volets social et sociétal peinent à s'imposer comme critères structurants, ce qui suggère que la RSE demeure davantage un outil de communication ou de conformité réglementaire qu'une véritable stratégie d'ancrage territorial.

 

SCET ANCORIS - Baromètre attractivité des territoires 2026_pp. 24-25
SCET ANCORIS - Baromètre attractivité des territoires 2026_pp. 24-25