RÉSUMÉ
Ce rapport du Réseau Action Climat, une fédération d'associations françaises de protection de l'environnement engagée sur les enjeux climatique, intitulé Trop de touristes en France ? L'impasse de la stratégie touristique française : attirer toujours plus de touristes lointains, au détriment du climat et du cadre de vie des habitants croisent les données récentes d'Atout France, de l'INSEE, de la Banque de France, de la DGAC et de l'ADEME.
Il déconstruit le récit dominant sur l'attractivité touristique internationale. Il montre que le tourisme domestique (135 Md€) et européen de proximité (5 pays frontaliers) constituent l'essentiel de la valeur économique du secteur, tandis que le tourisme extra-européen, minoritaire en volume, concentre une part disproportionnée des émissions de gaz à effet de serre, de la pression foncière et de la montée en gamme tarifaire qui évince une partie des résidents français. Les effets induits sur le trafic aérien, les loyers, la répartition territoriale des retombées et l'accès aux vacances des ménages modestes sont documentés. Une grille de lecture à quatre indicateurs est proposée (intensité carbone, économie locale, cadre de vie, accessibilité tarifaire) ainsi qu’une série de recommandations aux pouvoirs publics : recentrage vers les clientèles de proximité, limitation du trafic aérien et des croisières, refonte du billet de congé annuel, et prise en compte des « personnes de passage » non touristiques dans les stratégies d'accueil.
Mots-clés : accessibilité tarifaire, Accord de Paris, aéroports, balance des paiements touristique, billet de congé annuel, cadre de vie des habitants, clientèles de proximité, congés payés, croisières, dépendance aérienne, empreinte carbone par euro dépensé, extension aéroportuaire, fuite économique territoriale, gentrification touristique, location de courte durée, low-cost, marché locatif, montée en gamme hôtelière, non-départ en vacances, personnes de passage, recettes touristiques internationales, réchauffement climatique, saisonnalité touristique, surtourisme, taxe de séjour, tourisme domestique, tourisme social
Illustration : Réseau Action climat
Exemple : Empreinte carbone par euro dépensé pour les différents types de voyageurs de passage à Marseille
Infographie présentant les émissions de CO₂ associées aux différents profils de visiteurs à Marseille. Le titre indique « KgCO₂ / € dépensé », avec la précision « en moyenne lors d’un séjour à Marseille ».
Le graphique est organisé en une grille de neuf catégories de visiteurs, avec pour chacune une illustration, son intitulé et la quantité moyenne de CO₂ émise par euro dépensé :
- Touriste extraeuropéen : 2,2 kgCO₂ / € dépensé ;
- Croisiériste : 1,8 kgCO₂ / € dépensé ;
- Congressiste : 1,1 kgCO₂ / € dépensé ;
- Visiteur maghrébin : 1 kgCO₂ / € dépensé ;
- Touriste européen : 0,9 kgCO₂ / € dépensé ;
- Stagiaire formation : 0,7 kgCO₂ / € dépensé ;
- Touriste national : 0,6 kgCO₂ / € dépensé ;
- Étudiant : 0,6 kgCO₂ / € dépensé ;
- Touriste régional : 0,6 kgCO₂ / € dépensé.
Les valeurs sont donc comprises entre 0,6 et 2,2 kgCO₂ par euro dépensé. Le touriste extraeuropéen présente la valeur la plus élevée, avec 2,2 kgCO₂ par euro dépensé, tandis que le touriste régional, l’étudiant et le touriste national présentent les valeurs les plus faibles, avec 0,6 kgCO₂ par euro dépensé.
En bas de l’image figure la source : « SCIC Les oiseaux de passage pour le collectif Marseille Hospitalités 2026 – marseille-hospitalites.fr ».