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Les Pyrénées-Orientales gardent leur nom : la Chaire A&NMT dans La Tribune

Le 29 août 2026

ILLUSTRATION : ©La Tribune

Le 29 août dernier, La Tribune consacrait un article à l'issue de la consultation citoyenne organisée cet été par le Conseil départemental des Pyrénées-Orientales sur un possible changement de nom du territoire. Christophe Alaux, directeur de la Chaire Attractivité et Nouveau Marketing Territorial (IMPGT - Aix-Marseille Université), y a été sollicité pour éclairer les enjeux de marketing territorial soulevés par cette démarche.

Une consultation aux résultats serrés

Entre le 22 juin et le 15 août, les habitants des Pyrénées-Orientales étaient invités à se prononcer sur trois options : conserver le nom actuel, ou lui préférer « Pyrénées Méditerranée » ou « Pyrénées Catalanes ». Cette démarche répondait à une promesse de campagne de la présidente du Conseil départemental, Hermeline Malherbe, qui souhaitait mettre le nom du territoire en phase avec son identité catalane.

Sur 38 178 votes exprimés, le nom actuel l'a finalement emporté avec 47,21 % des suffrages, devant « Pyrénées Catalanes » (42,15 %) et « Pyrénées Méditerranée » (10,64 %) un score serré qui, selon Hermeline Malherbe, témoigne malgré tout d'un fort attachement à la catalanité du territoire.

Le nom, un actif de marque déjà installé

Interrogé sur la portée réelle d'un tel changement, Christophe Alaux a rappelé que l'enjeu identitaire ne doit pas faire oublier la notoriété déjà acquise par un territoire. S'appuyant sur l'étude ©IMAGETERR, réalisée tous les deux ans par la Chaire auprès de 3 200 Français sur leurs envies de destination, il souligne que les Pyrénées-Orientales figurent parmi les territoires les plus cités - juste derrière la Provence ou le Finistère, et devant le Morbihan ou Aix-en-Provence, preuve d'une notoriété spontanée et d'une marque déjà bien identifiée.

Il rappelle également que les acteurs économiques et les investisseurs se déterminent avant tout sur des fondamentaux concrets : marché, foncier, main-d'œuvre, plutôt que sur l'appellation administrative d'un département, et qu'à l'échelle touristique, ce sont souvent des marques infra-départementales (comme Collioure ou Banyuls, dans le cas présent) qui portent l'attractivité d'un territoire.

Une question récurrente, rarement tranchée sans heurts

L'article replace cet épisode dans une histoire plus large des tentatives de renommage territorial en France : de la Mayenne-et-Loire devenue Maine-et-Loire en 1791 aux Côtes-du-Nord rebaptisées Côtes-d'Armor en 1990, en passant par des échecs retentissants comme la « Septimanie » proposée sans concertation par Georges Frêche en 2004, ou « Montpellier Unlimited » en 2012. Autant d'exemples qui illustrent la difficulté à faire consensus autour d'un nom de territoire, et l'importance d'associer tout projet de marque à une stratégie de fond plutôt qu'à une seule opération de communication.

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