RÉSUMÉ
Dans un contexte géopolitique et commercial particulièrement instable, la France a fait preuve en 2025 d'une remarquable attractivité pour les investisseurs étrangers. En 2025, Business France a enregistré 1 878 décisions d'investissement, qui devraient créer ou maintenir 47 734 emplois en France. La combinaison d'une économie relativement protégée des chocs extérieurs, d'une inflation contenue, d'un mix énergétique décarboné et d'infrastructures solides semble avoir constitué un bouclier efficace contre le déclin mondial des investissements internationaux.
Mots-clés : Attractivité territoriale, agroalimentaire, chimie, décarbonation, emplois, énergies renouvelables, France 2030, investissements directs étrangers, IDE, logistique, numérique, points de vente, recherche et développement, R&D, réindustrialisation, reprise d'entreprise, santé, France.
Illustration : © Business France
Principales conclusions et limites
Avec 833 projets, l'industrie est l'un des piliers de ces investissements (agroalimentaire, automobile, chimie, santé, etc.), avec la logistique (91 projets) et le commerce (522 nouveaux points de vente). Près de la moitié des projets concernent des villes de moins de 20 000 habitants et représentent 59 % des emplois projetés. Dans le seul secteur industriel, 59 % des projets et 64 % des emplois sont destinés à ces communes. 72% des projets, 56% des emplois et 60% des entreprises porteuses de projets sont d'origine européenne. Si les investisseurs américains sont moins présents qu'en 2024, les investisseurs allemands, italiens et asiatiques (Chine, Japon et Inde, notamment pour les reprises d'entreprises) illustrent l'attractivité de l'économie française.
Le rapport souligne la convergence entre les investissements étrangers et les priorités du plan France 2030 (465 projets s'inscrivent dans ses orientations stratégiques). Les secteurs du cloud,de l'IA et des technologies quantiques (91 projets, 3 100 emplois), de la santé (82 projets, 2 000 emplois), de la mobilité décarbonée (53 projets, 2 150 emplois) et des énergies renouvelables (52 projets, 1 700 emplois) en sont les principaux bénéficiaires. Siemens Energy, par exemple, réinvestit 200 millions d'euros dans son site havrais d'éoliennes marines, tandis qu'Aiforia Technologies (Finlande) crée un pôle européen d'IA médicale à Paris. Par ailleurs, près de 70 projets visent explicitement à décarboner des sites industriels, concentrés dans les secteurs de l'agroalimentaire, du verre-bois-papier, de l'automobile et de la chimie.
Si le rapport est bien documenté, grâce au réseau territorial et international de l'agence, quelques limites méritent d'être soulignées. D'une part, le rapport mesure des décisions et des projections, et non des réalisations : la concrétisation des emplois annoncés n'est pas garantie, et l'écart entre les emplois projetés et les emplois effectivement créés n'est pas documenté. D'autre part, l'absence de données sur les cessions et fermetures de sites étrangers en France ne permet pas d'évaluer le solde net des emplois sous contrôle étranger. Enfin, la dimension qualitative des emplois (rémunération, conditions de travail, ancrage à long terme) n'est pas abordée.